XIV.

Cruautés de Festus.

Ce proconsul[28] était né à Trente [Tridentinum], d'une fort basse extraction. Devenu avocat, il se lia d'une amitié étroite avec Maximin[29], qui exerçait alors la même profession. Pendant que celui-ci s'avançait par ses intrigues à la cour de Valentinien, Festus passa en Orient, et s'attacha au service de Valens. Il fut gouverneur de Syrie[30], et secrétaire du prince pour l'expédition des brevets[31]. Dans ces deux emplois, il se fit aimer par sa douceur, et mérita avec l'estime publique la charge de proconsul d'Asie. Il était le premier à blâmer la conduite injuste et cruelle de son ancien ami: mais la fortune de Maximin le piqua de jalousie, et étouffa dans son cœur tout sentiment d'honneur et de vertu. Voyant que ce méchant homme s'était élevé à la préfecture du prétoire à force de répandre du sang, il crut devoir tenir la même route pour parvenir à la même dignité. Changeant tout à coup de caractère, il devint violent, injuste, inhumain; et tandis que l'Italie et la Gaule gémissaient sous le gouvernement de Maximin, Festus, rival de ce tyran, désolait l'Asie par ses cruautés et ses injustices. C'est à lui qu'on attribue un sommaire fort court de l'histoire romaine, dédié à l'empereur Valens, aussi-bien qu'une description de la ville de Rome[32].

[28] Il se nommait Sextus Rufus Festus.—S.-M.

[29] Il paraît, d'après ce que dit Ammien Marcellin, l. 29, c. 2, qu'il était son parent, in nexum germanitatis a Maximino dilectus, ut sodalis et contogatus.—S.-M.

[30] Il avait occupé cette place en l'an 368.—S.-M.

[31] Il était magister memoriæ ou secrétaire intime.—S.-M.

[32] Ces deux ouvrages, presque sans importance, ont été imprimés plusieurs fois dès le quinzième siècle. La meilleure édition est celle qui a été donnée à Hanovre en 1815, 1 vol. in-8º, par M. Guill. Muennich.—S.-M.

XV.

Mort du philosophe Maxime.