Marc. Chr.
Hist. misc. l. 12, ap. Murat, t. 1, p. 85.
Till. Grat. art. 19, not. 26.
Gratien témoigna en mourant la tendre confiance qu'il avait en saint Ambroise; il le nomma plusieurs fois pendant qu'il recevait les coups mortels; il avait encore son nom à la bouche lorsqu'il rendit les derniers soupirs; et le saint prélat, qui raconte le fait en versant des larmes, proteste qu'il n'oubliera jamais ce prince, et qu'il l'offrira sans cesse à Dieu dans ses prières et dans le saint sacrifice. Il fait en toute occasion l'éloge de sa piété et de ses autres vertus. Il est sans doute plus digne de foi que l'arien Philostorge, qui ose démentir l'histoire pour noircir la mémoire de ce bon prince, et qui le compare à Néron. Il mourut le 25 d'août, dans la vingt-cinquième année de sa vie[486], ayant régné depuis la mort de son père, sept ans, neuf mois et huit jours[487]. Il avait eu des enfants de sa femme Constantia[488]; mais ils moururent avant lui. On croit qu'il avait un fils, lorsqu'il éleva Théodose à l'empire[489], ce qui rendrait cette action plus noble et plus généreuse. Constantia était morte quelque temps avant la révolte de Maxime, et son corps fut, cette année même, porté à Constantinople[490]. Dans les derniers mois de sa vie, il épousa Lœta, dont on ne connaît pas la famille; on sait seulement que sa mère se nommait Pissamène. Après la mort de Gratien, Théodose prit soin de les entretenir l'une et l'autre dans la splendeur qui convenait à leur fortune passée. Elles vivaient encore vingt-cinq ans après, et elles eurent assez de richesses et de charité pour soulager par d'abondantes aumônes les pauvres de Rome, lorsque cette ville fut assiégée par Alaric.
[486] Cette date se trouve dans la chronique du comte Marcellin.—S.-M.
[487] La ville de Grenoble, dont le nom gaulois était Cularo, s'appelle en latin Gratianopolis, c'est-à-dire ville de Gratien; il n'est pas douteux qu'elle ne doive cette dénomination au fils de Valentinien, mais on ignore quand et comment se fit ce changement. Quelques-uns le placent avec assez de vraisemblance en l'an 379, lorsque Gratien revint dans les Gaules après avoir associé Théodose à l'empire.—S.-M.
[488] Fille posthume de l'empereur Constance, qu'il avait épousée en 374 ou 375.—S.-M.
[489] C'est ce qui résulte de ce passage de S. Augustin, de Civit. Dei, l. 5, c. 25, cum parvulum haberet et fratrem.—S.-M.
[490] Il y arriva le 31 août, selon la chronique d'Alexandrie, ou le 12 septembre, selon celle d'Idatius. Elle fut inhumée le premier décembre, trois mois après la mort de son mari.—S.-M.