[505] Jusseram eum deduci Cabillonum et ibi vivum exuri... Quis autem sibi parcendum putaret, cum occisus sic bellator strenuus, miles fidelis, cornes utilis? Ambr. ibid.—S.-M.

[506] Alteri (Vallione) manibus satellitum Britannorum gula domi fracta, et inusta fæmineæ mortis infamia, ut scilicet maluisse vir ferri amantissimus videretur laqueo perire quam gladio. Pacat. c. 28.—S.-M.

[507] Maxime voulut encore faire mourir le comte Narsès et Leucadius gouverneur d'une province, tous zélés partisans de la cause de Gratien. Præter multas, quas evolvere longum est, has principales petitiones habebat; pro Narsete comite, et Leucadio præside, quorum ambo Gratiani partium fuerant, pertinacioribus studiis, quæ non est temporis explicare, iram victoris emeriti. Sulp. Sev. dial. 3, c. 15.—S.-M.

VI.

S. Martin à la cour de Maxime.

Sulp. Sev. vit. Mart, c. 23.

Till. vie de S. Martin, art. 7 et 8.

La tyrannie est un édifice fondé sur la cruauté et cimenté de sang, mais qui s'élève et parvient quelquefois jusqu'à s'embellir par la réputation de clémence. Maxime se proposa de faire oublier ses forfaits, dès qu'il n'eut plus intérêt d'en commettre. Connaissant le génie des courtisans, qui consentent volontiers à parler d'après le prince, pourvu qu'il veuille bien agir d'après eux, il répétait sans cesse, qu'il n'avait point désiré le diadème; que le ciel s'était servi des soldats pour le forcer à l'accepter; qu'il n'avait pris les armes que pour soutenir le choix de la Providence; que la facilité de sa victoire était une marque évidente de la protection divine, et qu'aucun de ses ennemis n'avait péri que dans la guerre. Les flatteurs outraient encore les éloges qu'il faisait de sa bonté. Les évêques mêmes se rendaient de toutes parts à la cour, et selon un auteur ecclésiastique de ces temps-là, ils prostituaient leur dignité à la plus honteuse adulation. Saint Martin, alors évêque de Tours, fut le seul qui soutint l'honneur du ministère apostolique[508]. Il vint demander grace pour des proscrits, mais il la demanda sans s'avilir, et d'un ton qui imposait au tyran même. Son extérieur n'était rien moins qu'avantageux; il n'avait de grand que son ame et son caractère. Maxime l'ayant plusieurs fois invité avec instance à manger à sa table, il avait toujours répondu qu'il ne se croyait pas permis de s'asseoir à la table d'un homme qui, de ses deux maîtres, avait ôté à l'un la vie, à l'autre la moitié de ses états. Il se rendit cependant aux pressantes sollicitations de Maxime, qui en parut ravi de joie, et qui invita, comme pour une fête solennelle, les plus distingués de sa cour. Martin s'assit à côté du prince; un prêtre de l'église de Tours, dont il se faisait toujours accompagner, fut placé entre Marcellin et son oncle. Lorsque le repas fut commencé, l'échanson ayant présenté à boire à Maxime, celui-ci donna la coupe à saint Martin, voulant qu'il en bût le premier, et la recevoir ensuite de sa main; mais l'évêque, après avoir trempé ses lèvres, fit porter la coupe à son prêtre, comme à celui qui méritait la préférence d'honneur sur tous les convives. Cette liberté, qui trouverait aujourd'hui peu d'approbateurs, fut admirée de toute la cour: on louait hautement Martin d'avoir fait à l'égard de l'empereur, ce que tout autre évêque n'aurait osé faire à la table du dernier des magistrats. Maxime lui fit présent d'un vase de porphyre, que le prélat consacra à l'usage de son église; et comme il pénétrait les plus secrètes pensées du tyran, et qu'il découvrait déja dans son cœur le dessein de détrôner Valentinien, il lui prédit que, s'il passait en Italie, il aurait d'abord quelque succès, mais qu'il y trouverait bientôt sa ruine.

[508] Fæda circa principem omnium adulatio notaretur, seque degeneri inconstantia regiæ clientelæ sacerdotalis dignitas subdidisset, in solo Martino apostolica auctoritas permanebat. Sulp. Sev. de Vita Mart. c. 23.—S.-M.

VII.