Pet. Patric. in exc. leg.
Cod. Th. l. 12, tit. 13, leg. 6. et ibi God.
Chron. Alex. p. 304.
Hard. not. ad Themist. p. 484.
Cellar. geog. ant. l. 3. c. 15, art. 2.
Till. Theod. art. 21.
Valens n'avait conclu la paix avec le roi de Perse, que par la nécessité de tourner toutes ses forces contre les Goths. Il paraît que les conditions du traité ne furent pas avantageuses à l'empire, et qu'on fut obligé d'abandonner l'Arménie à Sapor[545]. Ce prince était mort en 379[546], après avoir vécu et régné avec gloire soixante-dix ans[547]. Son fils Artaxer[548] n'avait occupé le trône que quatre ans[549]. Sapor III, fils et successeur d'Artaxer[550], craignait Théodose[551], qui entretenait une armée sur les bords du Tigre. Moins guerrier que son aïeul[552], il prit le parti de détourner l'orage par un nouveau traité[553]. Pour se concilier l'empereur romain, il fit rendre à ses images les mêmes honneurs qu'on rendait à celles des rois du pays[554], et lui envoya à Constantinople une célèbre ambassade[555], avec de riches présents; c'était des pierreries, de la soie, et des éléphants pour traîner son char[556]. La négociation dura long-temps, et ne fut terminée que cinq ans après, en 389[557]. Mais il y a lieu de croire que Théodose fit acheter cette suspension d'armes de la cession de quelques territoires. Du moins il est certain que, dès l'an 387, il exerçait les droits de la souveraineté sur la Sophanène et sur les satrapies voisines[558]. Cette province, située en-deçà du Tigre, au midi de l'Arménie et au septentrion de Nisibe et d'Amid, avait appartenu aux Perses, et quelques auteurs la nomment au nombre de celles que Jovien leur avait cédées. Ils la distinguent de la Sophène, province d'Arménie, plus occidentale et plus voisine de l'Euphrate[559].
[545] Au sujet des négociations entamées entre Valens et les Perses, concernant l'Arménie, on peut voir ce qui a été dit ci-devant, p. 27 et 28, l. XIX, § 20, et les additions que j'ai placées p. 152, liv. XX, § 43. La guerre des Goths contraignit les Romains, non pas de céder l'Arménie aux Perses, mais de l'abandonner à leur influence. Ils y placèrent un roi, tandis que jusqu'alors les empereurs avaient disposé de la couronne de ce pays.—S.-M.
[546] C'est l'opinion de Tillemont, Hist. des Emp. t. V, Théod. art. 21, Hist. éccl. t. VII, S. Siméon, art. 1, not. 1. C'est au reste l'opinion commune admise avant et après lui, par presque tous les chronologistes. Je ne la crois pas fondée cependant. On en verra les raisons dans la note suivante. Ces savants ont placé trop tôt l'avènement de Sapor II.—S.-M.
[547] Tous les auteurs orientaux s'accordent à donner à Sapor ou Schahpour II, soixante et douze ans de règne et de vie; Abou'lfaradj est le seul qui s'écarte de cette opinion générale; il ne lui accorde, dans sa chronique syriaque (Vers. lat. p. 61), que soixante-neuf ans de règne. Agathias, qui devait tout ce qu'il raconte des rois de Perse de la race des Sassanides à un Syrien, interprète du grand roi Chosroès, et qui était attaché aux archives royales de Perse, Agathias, dis-je, assigne, l. 4, p. 136, un règne de soixante-dix ans à Sapor II. Ces deux opinions sont faciles à concilier, il suffit d'admettre que Sapor avait régné et vécu soixante-neuf ans accomplis, et qu'il est mort dans sa soixante-dixième année. Comme, d'après une date que j'ai rapportée, t. 1, p. 331, not. 1, liv. V, § 22, Sapor II a dû naître et devenir roi de Perse en l'an 311, sa première année royale a dû être comptée selon l'usage, du commencement de l'année civile des Perses, qui correspondait alors avec le 7 juin 311; ainsi sa soixante-dixième et dernière année, qui fut en même temps la première de son successeur, a dû commencer le 20 mai 380; c'est donc entre ce jour-là et le 20 mai 381, qu'il faut placer, selon toutes les vraisemblances, l'époque de la mort de Sapor.—S.-M.