[577] Faustus de Byzance mentionne plusieurs fois la femme d'Arsace, en rapportant qu'elle était fille de Manuel. Selon Moïse de Khoren, l. 3, c. 41, elle était fille de Babik, prince de Siounie. Ce qu'on doit conclure de ces deux autorités, c'est qu'Arsace eut deux femmes, et qu'après la mort de la fille de Manuel, il épousa celle du prince de Siounie.—S.-M.
[578] Voyez tom. 3, p. 380, not. 2, liv. XVII, § 66.—S.-M.
[579] C'est la charge de Thakatir ou Coronateur, dont j'ai déja parlé ci-dessus, p. 272, note 2, et tom. 3, p. 79, n. 2, l. XIV, § 15. Indépendamment de cette dignité, Sahag, et en général tous les chefs de la race des Pagratides, portaient encore par droit d'hérédité le titre d'Asbied, c'est-à-dire Chevalier, qui leur avait été conféré par Valarsace, premier roi des Arsacides en Arménie, un siècle et demi avant notre ère.—S.-M.
XXIV.
[Mort de Manuel régent d'Arménie.]
[Faust. Byz. l. 5, c. 44.]
—[La joie causée par cet arrangement fut bientôt troublée par un fâcheux événement; ce fut la mort de Manuel. Il y avait sept ans qu'il gouvernait l'Arménie, lorsqu'il tomba dangereusement malade. Il fit alors venir auprès de lui son fils Ardaschir[580], et lui remit la charge de connétable, en lui recommandant de se dévouer pour les rois Arsacides, à l'exemple de ses ancêtres. Ce n'en était pas assez pour assurer l'avenir de l'Arménie; la grande jeunesse et l'inexpérience des deux rois inquiétaient Manuel: il voyait assez qu'ils ne pourraient conserver l'indépendance de leur couronne, et que l'Arménie était encore une fois menacée de redevenir le sanglant théâtre des démêlés de l'Occident et de l'Orient. Le roi de Perse, Ardeschir, venait de mourir[581], et son neveu, Sapor III, fils de l'ancien Sapor, qui l'avait remplacé, ne cachait pas l'intention où il était de renouveller les prétentions de ses aïeux sur l'Arménie. Manuel prévoyait bien que cette lutte trop inégale ne serait pas à l'avantage des Arméniens, il écrivit donc à l'empereur Théodose pour lui recommander les deux rois, et pour les mettre sous sa protection. Après toutes ces dispositions, ce guerrier dont le corps couvert de cinquante blessures[582], était sillonné de cicatrices, rendit l'ame en déplorant son malheur, de ce qu'exercé dès son enfance au milieu des combats, il n'avait pas perdu sur le champ de bataille une vie compromise dans tant de guerres.]—S.-M.
[580] Voyez ci-devant p. 156 et 158, l. XX, § 45 et 46.—S.-M.
[581] Ce prince cessa de vivre en l'an 384. Voyez ci-devant p. 263, n. 1, liv. XXII, § 17.—S.-M.
[582] Ces détails se trouvent dans l'histoire de Faustus de Byzance, l. 5, c. 44.—S.-M.