[683] Saint Ambroise parle des églises brûlées par les Juifs du temps de Julien, et en particulier de deux basiliques à Damas. Elles étaient encore en ruines de son temps; elles avaient été à peine réparées, non pas aux frais de la synagogue, mais à ceux de l'église. Quarum una vix reparata est, sed ecclesiæ non synagogæ impendiis: altera basilica informibus horret ruinis. L'évêque de Milan fait mention de beaucoup d'autres églises brûlées à Gaza, à Béryte, à Ascalon et à Alexandrie; et il termine en employant ces paroles peu charitables: Ecclesia non vindicata est, vindicabitur synagoga.—S.-M.
[684] Re vera de synagoga reparanda ab episcopo durius statueram, sed emendatum est. Monachi multa scelera faciunt. Ambr. ep. 41, tom. 2, p. 963.—S.-M.
[685] Ego cum imperatore ago, ut oportet: quia novi quod habeat domini timorem; tecum autem aliter agendum, qui tam dura loqueris. Ambr. ep. 41, t. 2, p. 963.—S.-M.
[686] Par une loi rendue le 29 septembre 393, et adressée à Addæus, commandant des troupes d'Orient, dans l'Osrhoène.—S.-M.
LXVIII.
Théodose exclus du sanctuaire.
Theod. l. 5. c. 17.
Soz. l. 7. c. 25.
Hermant, vie de S. Ambr. l. 6. c. 15.
Ce fut un bonheur, pour l'état et pour l'Église, d'avoir en même temps un évêque dont la liberté héroïque retenait dans de justes bornes la puissance souveraine, et un souverain dont la généreuse docilité se prêtait aux conseils salutaires de l'évêque. C'était une coutume introduite par la flatterie et tolérée par la timide complaisance des prélats, que les empereurs, pendant la célébration de l'office, fussent assis dans le sanctuaire, où les prêtres seuls avaient leur place, selon l'ancienne discipline. Un jour que Théodose y était resté après avoir fait son offrande, Ambroise s'en étant aperçu, lui envoya demander ce qu'il attendait: J'attends, répondit l'empereur, le moment de participer aux saints mystères. Alors l'évêque lui fit dire par un de ses diacres, que le sanctuaire était réservé aux seuls prêtres; que la pourpre donnait droit à l'empire, mais non pas au sacerdoce, et qu'il devait prendre place avec les autres laïques. Théodose reçut cet avis avec respect, et se retira hors de la balustrade, en disant, qu'il n'avait eu dessein de rien entreprendre contre les canons de l'Église; qu'il avait trouvé cette coutume établie à Constantinople, et qu'il remerciait l'évêque de l'avoir instruit de son devoir. Il retint si fidèlement cette leçon, qu'étant retourné à Constantinople, la première fois qu'il vint à l'église, il sortit du sanctuaire, après avoir porté son offrande à l'autel. L'évêque Nectarius lui ayant envoyé demander pourquoi il ne restait pas dans l'enceinte sacrée: Hélas! dit-il en soupirant, j'ai appris bien tard la différence d'un évêque et d'un empereur! Que de temps il m'a fallu pour trouver un homme qui osât me dire la vérité! Je ne connais qu'Ambroise qui soit digne du nom d'évêque. Depuis ce temps les empereurs prirent leur place dans l'église à la tête du peuple, hors de l'enceinte destinée aux prêtres; et cette coutume subsista sous les successeurs de Théodose; jusqu'à ce que les princes usurpèrent une partie des fonctions ecclésiastiques; et que, par un mélange bizarre, voulant être tout à la fois empereurs et évêques, ils ne furent ni évêques ni empereurs.