Le paganisme détruit dans toute l'Égypte.
Au signal que donnait l'évêque d'Alexandrie, les autres prélats de l'Égypte s'armèrent de tout leur zèle. Dans les villes, dans les campagnes et jusque dans les déserts, tous les temples, toutes les statues tombaient par terre; et de ces monceaux de ruines, sortaient des églises et des monastères. Le paganisme, qui ne peut se soutenir sans des objets matériels et sensibles, périssait avec ses idoles. Les idolâtres couraient en foule aux églises pour y recevoir le caractère du christianisme: et l'on peut dire que les eaux du baptême, plus fécondes que celles du Nil, inondaient ce grand pays, et préparaient pour le ciel une abondante récolte. Cette heureuse révolution avait été d'avance annoncée à de saints solitaires. Les païens se vantaient qu'Antonin, célèbre philosophe et magicien de Canope, mort peu de temps auparavant, avait prédit, que bientôt tous les temples seraient ruinés, et qu'ils seraient changés en sépulcres. C'est ainsi qu'il appelait les églises où l'on déposait les reliques des martyrs[749].
[749] Tous ces détails sont rapportés dans la vie d'Édésius par Eunapius, t. 1, p. 41-46, ed. Boiss.; mais ils n'y sont pas présentés sous un jour favorable aux chrétiens.—S.-M.
XXIV.
Temples abattus en Syrie.
Theod. l. 5, c. 21.
Soz. l. 7, c. 15.
Chron. Alex. p. 303 et ibi notæ.
Baronius.
Till. Théod. art. 58 et 59.