[277] Rien ne prouve qu'ils fussent Visigoths, Ammien Marcellin se contente de dire que c'étaient des nobles Goths; Sueridus, dit-il, l. 31, c. 6, et Colias, Gothorum optimates, cum populis suis longè antè suscepti. Ils étaient en quartier d'hiver auprès d'Andrinople, apud Hadrianopolim hiberna dispositi.—S.-M.

[278] Ammien Marcellin dit, l. 31, c. 6, que c'était la populace et les ouvriers employés dans les fabriques d'armes. Plebem omnem cum fabricensibus, quorum illic ampla est multitudo. On apprend de la Notice de l'empire et de quelques autres ouvrages qu'il se trouvait effectivement à Andrinople une fameuse fabrique d'armes.—S.-M.

[279] Jussisque bellicum canere buccinis, ni abirent ocius ut statutum est, pericula omnibus minabatur extrema. Amm. Marc. l. 31, c. 6.—S.-M.

[280] Pacem sibi esse cum parietibus memorans. Amm. Marc. l. 31, c. 6.—S.-M.

X.

Valens et Gratien envoient des secours.

Amm. l. 31, c. 7.

Valens apprit avec douleur ces tristes nouvelles. Il se hâta de conclure la paix avec Sapor[281], et résolut d'aller à Constantinople[282]. Comme l'été était déjà fort avancé, et que la Thrace avait un besoin pressant de secours, il envoya d'avance Profuturus et Trajan[283], à la tête des légions qui revenaient d'Arménie. C'étaient des troupes d'une valeur éprouvée. A leur approche les Goths se retirèrent au-delà du mont Hœmus[284]. Les Romains s'emparèrent des passages, à dessein de leur fermer l'entrée de la Thrace, et d'attendre les secours que Gratien envoyait à la prière de Valens[285]. Frigérid, excellent capitaine, amenait des troupes de la Gaule et de la Pannonie; et Richomer, comte des domestiques[286], marchait séparément avec un autre corps[287] tiré aussi de la Gaule, mais dont la plus grande partie déserta dans la route, et retourna sur ses pas. On soupçonna le consul Mérobaudès d'être l'auteur secret de cette désertion, parce qu'il craignait que la Gaule trop dégarnie ne demeurât exposée aux incursions des Allemans. Frigérid, attaqué de la goutte, fut obligé de s'arrêter en chemin; et l'envie ne manqua pas de publier que ce n'était qu'un prétexte pour couvrir sa timidité. Richomer s'étant donc chargé de la conduite des deux corps, joignit Profuturus et Trajan, lorsqu'ils marchaient à Salices[288], ville de la petite Scythie.

[281] Il envoya le général de la cavalerie Victor du côté de la Perse, pour arranger les affaires de l'Arménie, qui n'était pas tranquille à cette époque, comme on peut le voir par les détails que j'ai placé ci-après § 43-47. Confestim Victore magistro equitum misso ad Persas, ut super Armeniæ statu pro captu rerum componeret impendentium. Amm. Marc. l. 31, c. 7.—S.-M.

[282] Valens passa encore toute cette année à Antioche; ses lois font voir qu'il était dans cette ville le 4 avril, tandis que le 4 juillet et le 9 août suivants il se trouvait à Hiérapolis. Il était de retour à Antioche le 24 septembre, sans doute après l'époque à laquelle il fit partir Trajan et Profuturus, avec les troupes qu'il avait retirées de l'Arménie.—S.-M.