[299] On était alors, dit Ammien Marcellin, l. 31, c. 8, au commencement de l'automne, sous le 4e consulat de Gratien, avec Merobaudès, hæc Gratiano quater et Merobaude consulibus agebantur, anno in autumnum vergente.—S.-M.
[300] Chunorum et Alanorum aliquos ad societatem spe prædarum ingentium adsciverunt. Amm. Marc. l. 31, c. 8.—S.-M.
[301] Ne subita multitudo, uti amnis impulsu undarum obicibus ruptis emissus, convelleret levi negoti cunctos. Amm. Marc. ibid.—S.-M.
XIV.
Ravages de toute la Thrace.
Les passages étant ouverts, les Barbares pénétrèrent par toutes les gorges des montagnes. Toute la Thrace, depuis le Danube jusqu'au mont Rhodope, et même à la Propontide[302], ne fut plus qu'un théâtre d'horreurs, de massacres, de rapines et des violences les plus brutales. Les habitants dépouillés, meurtris de coups, enchaînés à la selle des chevaux, suivaient les cavaliers barbares, et tombant de lassitude étaient traînés et déchirés en pièces. Les chemins étaient remplis de filles et de femmes qu'on chassait à coups de fouet comme des troupeaux; on n'épargnait pas les femmes enceintes, et leurs malheureux enfants, captifs avant que de naître, ne recevaient la vie que pour la perdre aussitôt, ou pour gémir long-temps de ne l'avoir pas perdue. La jeunesse, la pudeur, la noblesse étaient la proie du soldat ivre de sang et de débauche. Un grand corps de Barbares rencontra près de la ville de Deultum[303] le tribun Barzimer[304], qui campait avec plusieurs cohortes[305]. C'était un officier expérimenté; la multitude des ennemis lui ôtait l'espérance, sans lui ôter le courage. Il rangea en bataille sa petite troupe, et chargea lui-même à la tête des plus braves. Après des prodiges de valeur, il succomba sous le nombre; mais la défaite de cette poignée de Romains coûta cher aux vainqueurs.
[302] Ou plutôt jusqu'au passage des Dardanelles ou l'Hellespont, qu'Ammien Marcellin appelle emphatiquement le détroit qui sépare d'immenses mers, fretum quod immensa disterminat maria.—S.-M.
[303] Oppidum nomine Dibaltum. Am. Marc. l. 31, c. 8. La ville de Dibaltum est appelée Debelcum dans l'Itinéraire d'Antonin, p. 229, Δεούελτον dans Ptolémée, l. 3, c. 11, Deultum dans Pline, l. 4, c. 11, et Δεβελτὸς, dans la Synecdème d'Hiéroclès. On voit que ce sont diverses orthographes d'un même nom. Elle était auprès d'un lac, non loin de la mer Noire, à 74 milles au sud de Marcianopolis.—S.-M.
[304] C'est celui qui avait laissé échapper le roi d'Arménie. Voyez ci-dev. p. 21 et suiv., l. XIX, § 18.—S.-M.
[305] Avec la cohorte des scutaires qu'il commandait, avec les Cornuti et d'autres troupes de pied. Obi tribunum Scutariorum Barzimerem inventum cum suis, Cornutisque et aliis peditum numeris. Amm. Marc. l. 31. c. 8.—S.-M.