[344] Ammien Marcellin nous apprend à cette occasion, que cet habile général, dont il a été si souvent question sous le règne de Julien, n'était pas Romain, mais Sarmate. Victor, dit-il, nomine magister equitum, Sarmata. Ammien Marcellin, l. 31, c. 12.—S.-M.

XXV.

Ruse de Fritigerne.

Fritigerne, pour de meilleures raisons que Valens, désirait autant que lui de prévenir l'arrivée de Gratien; mais il attendait Alathée et Saphrax, qu'il avait mandés avec leurs troupes, et qui ne pouvaient arriver que le lendemain. Pour amuser l'empereur, il lui députa quelques-uns de ses moindres officiers, à la tête desquels était un prêtre chrétien[345]. Ils apportaient une lettre par laquelle les Goths s'engageaient à entretenir avec les Romains une paix éternelle, si l'on voulait leur abandonner la Thrace avec tout ce qui s'y trouvait de grains et de troupeaux[346]. Le prêtre était chargé d'une autre lettre secrète de Fritigerne[347], qui témoignant un grand désir de mériter l'amitié de l'empereur, lui mandait qu'il avait affaire à une nation turbulente et inconsidérée; qu'elle demandait avec empressement un combat qui ne pouvait que lui être funeste; que pour l'amener à des conditions raisonnables, il fallait lui montrer les forces romaines dont elle n'avait nulle idée; que la vue de l'empereur et de son armée porterait dans le cœur des Goths une impression de respect et de crainte. Valens renvoya les députés sans réponse; mais cette négociation consuma la journée, et augmenta la vanité de Valens et l'ardeur qu'il avait de combattre. C'était tout ce que souhaitait Fritigerne.

[345] Christiani ritus presbyter, ut ipsi appellant. Amm. Marc., l. 31, c. 12. Il n'était pas seul; d'autres députés d'un rang moins élevé l'accompagnaient; missus a Fritigerno legatus cum aliis humilibus venit ad principis castra.—S.-M.

[346] Habitanda Thracia sola cum pecore omni concederetur et frugibus. Amm. Marc., ibid.—S.-M.

[347] Ammien Marcellin lui donne, l. 31, c. 12, le titre de Roi. Secretas alias ejusdem regis obtulit litteras.—S.-M.

XXVI.

Valens range son armée en bataille.

Amm. l. 31, c. 12.