—Et il poursuit son grand ouvrage sur les antiquités normandes?
—Avec acharnement. Il est en ce moment plongé dans un ravissement sans bornes.
—Pourquoi?...
—Il a fait une découverte des plus heureuses.
—Bah! conte-la moi.
Chazolles posa un doigt sur ses lèvres:
—Sous le sceau du secret, dit-il.
—Science et mystère, fit l'autre avec un geste de conspirateur.
—Tu sais, reprit Chazolles, que Grand-Val, le château de mon beau-père, est situé de l'autre côté de la forêt du Perche. Tiens, nous y entrons, dans le Perche. Regarde. Voilà la limite.
En effet, le phaéton avait passé les Aspres, un bourg dont le nom ne désigne pas précisément un Eden. Des deux côtés de la route, un vaste fossé s'ouvrait au milieu des labours; sur son talus, visible encore, des végétations variées, genêts aux fleurs jaunes, ajoncs épineux, touffes de charme ou de bouleau s'étaient emparées de ce coin de terre accidenté comme d'un domaine vague destiné à devenir la proie du premier occupant. C'étaient les restes des limites royales qui séparaient jadis les deux provinces du Perche et de la Normandie.