En voiture ou en selle, il parcourait les bourgs et les villages et jusqu'aux fermes isolées pour gagner les électeurs et les convaincre de ses bonnes intentions.

Le peuple souverain ne dédaigne pas les flatteries.

Avant de payer ses mandataires, il les humiliait déjà. Depuis qu'ils sont à sa solde, c'est encore pis et il n'a pas tort.

De ce côté, il est vraiment roi et il le prouve.

Chazolles lui passait la main sur l'échine comme un bon écuyer sur le dos d'une monture rétive.

Du reste il faut reconnaître que naturellement affable et cordial, il accomplissait ces démarches—tranchons le mot—ces corvées sans répugnance, avec entrain et gaieté.

Il poussait, selon son expression, sa charrette électorale avec un courage extrême et une bonne humeur intarissable.

Il voulait vaincre—pour sa dame!

Et certes, ce n'était pas le désir des honneurs qui lui donnait tant d'énergie.

Son concurrent n'avait qu'à se bien tenir.