A la longue pourtant, elle fut mise sur la trace de la vérité.

Souvent madame Chazolles conduisait ses filles à l'Opéra-Comique. C'était aux jours où l'on donnait de vertueux ouvrages, d'une innocuité consacrée par le temps, comme le Chalet par exemple ou les Noces de Jeannette; quelqu'une de ces honnêtes berquinades qui ne remuent pas le cœur violemment et ne prédisposent point les jeunes personnes à la névrose.

La famille alors se divisait en deux bandes.

Denise accompagnait son beau-frère à des théâtres plus joyeux, aux Variétés ou aux Bouffes.

Presque toujours, de sa loge, il leur arrivait d'apercevoir à quelque distance, au balcon d'en face, une jeune femme à la taille élégante et fine, divinement mise, fort belle et toujours seule.

Cette figure d'une blancheur éclatante, ces formes accomplies l'étonnèrent.

Et, à diverses reprises, il lui sembla surprendre quelques signes d'intelligence presque imperceptibles, entre cette jeune femme et Maurice.

Était-ce une illusion?

L'inconnue était trop saisissante pour qu'on dût l'oublier aisément.

Ses traits restèrent gravés dans la mémoire de Denise qui s'habitua à les revoir au théâtre en face d'elle, jamais aux rares circonstances où sa sœur les accompagnait.