—A la poésie des bois chantés par les bardes du dix-neuvième siècle, par Lamartine entre autres, et à mille choses encore...

—Dont nous parlerons plus tard. Enfin vous voilà. C'est toujours bien gentil d'être venu. Nous allons donc nous amuser; on imaginera des parties pour vous délasser de vos travaux—comment dit-on?—parlementaires, de vos luttes oratoires. Mes compliments, cher monsieur! Les trompettes de la renommée apportent vos louanges jusqu'au fond de nos retraites! Mon père me communique chaque matin un récit succinct de vos exploits. Vous faites du chemin et un de ces jours nous allons apprendre que M. Valéry Duvernet, qui daigne nous honorer de son amitié...

—Dites de toute son affection, mademoiselle, car mon ami Chazolles et vous tous, vous êtes ce que j'aime le mieux au monde.

—Ah! c'est bien cela, dit la jeune fille, dont la peau se colora d'un nuage rose. Salue, Maurice, salue, Hélène, et vous, les petites, levez-vous, et allez embrasser tout de suite notre hôte! Je disais donc que nous allons apprendre au premier moment que vous êtes promu à des dignités extraordinaires, que vous êtes bombardé sous-secrétaire d'État, ou mieux, qui sait? président du conseil peut-être. Le ministère Duvernet! Ce jour-là, monsieur, il y aura fête au Val-Dieu et à Grandval. On boira à la santé de Votre Excellence, à la bonne franquette.

Elle leva son verre à la hauteur de son nez.

—Au fait, ajouta-t-elle, rien ne nous empêche de commencer séance tenante. Maurice, buvons au maroquin de M. Valéry et sortons.

Un hourrah de joie accueillit cette proposition.

Les verres se choquèrent, les bras s'allongeaient sur la table pour se rencontrer; les deux petites firent le tour leurs coupes à la main.

Duvernet eut un éclair d'inspiration.

N'était-ce pas là le bonheur en effet? Et il était à portée de ses lèvres, comme le vin couleur de topaze qui tremblait dans son verre.