—Oui, mais je ne veux pas suivre votre exemple, faire de la nuit le jour et du jour la nuit, pour me faner, attraper des pattes d'oie et perdre mes cheveux. Je n'ai que ma jeunesse et la beauté du diable. Je tiens à les garder. Allez-vous-en.
—Il le faut, soupira le voisin. Pourtant, j'espérais mieux.
—Je vous ôte une illusion. Vous me jugiez autrement, meilleure, plus facile.
—Vous êtes une petite fée.
—Et puis c'est commode, n'est-ce pas? Je suis là dans votre maison, sous la main. Pas de temps à perdre! Un bouquet de temps en temps, et des bonbons au jour de l'an! Avouez.
—Mais...
—Avouez donc. Vous n'y perdrez rien. Vous êtes un homme d'esprit, et votre devise est: Tout pour moi! Si elle ne me déplaît pas, pourquoi la tairiez-vous? Ainsi, nous serons bons amis à l'avenir.
—Je le veux bien. Avec les libertés nécessaires.
—Scélérat! profond scélérat!