Vainement, il chercha des yeux sa compagne, la cause évidente de cette algarade où il avait éprouvé la force du biceps de son rival.
Elle avait disparu.
Chazolles, resté seul sur le champ de bataille, semblait aussi calme que si rien de fâcheux ne lui était survenu, mais intérieurement, une violente tempête bouillonnait en lui.
Il lui montait à la tête des rages d'écraser entre ses doigts le hautain personnage, le triomphant adversaire qui lui avait pris cette maîtresse à laquelle il vouait un mépris mortel. Quand elle l'avait regardé avec des yeux suppliants, il avait détourné la tête et ses lèvres s'étaient crispées de dégoût.
Il ne la reverrait pas.
Ainsi, Duvernet avait raison. Pour qui trompait-il sa femme, l'ange du foyer domestique qui lui avait donné de longues années de bonheur, quand tant d'autres n'ont pas été à l'abri des peines, des inquiétudes, des privations, des misères de toute espèce, même l'espace d'un jour, du lever au coucher du soleil?
Et il n'était pas content de son lot! Que voulait-il donc?
Pendant cinq minutes il se livra aux réflexions les plus sages; il redevint l'homme du Val-Dieu; il fit les projets les plus sensés. Il s'éloignerait; il quitterait Paris et recommencerait sa vie dans ces lieux où tout lui rappelait les enchantements du passé, les poésies de la nature, la tranquillité des bois et des champs.
Il avait oublié le duc, les courses, les jockeys maigres qui passaient près de lui, leur selle sur le bras, allant aux balances ou en sortant, lorsqu'on lui frappa sur l'épaule.
C'était Duvernet avec sa figure d'une impassibilité diplomatique.