—C'est de l'histoire. M. Châtenay possède une si belle fortune qu'elle doit éblouir les adorateurs du veau d'or. A propos, où est-il, M. Châtenay? Nous l'avons bien oublié, il me semble.

—Où voulez-vous qu'il soit, sinon à sa grande affaire.

—A ses fouilles mystérieuses?

—Oui. A son oppidum, à sa ville gallo-romaine ou à son camp, on ne sait pas au juste, et il est probable qu'on ne saura jamais. Figurez-vous qu'il est arrivé triomphant hier soir. Il apportait des fers rouillés qu'on avait retirés de terre, à une grande profondeur, à ce qu'il paraît. Il prétend que ce serait quelque hache antique des époques préhistoriques. Moi, je crois que ces objets inestimables, mais informes, sont tout bonnement des socs de charrue qui remontent à une cinquantaine d'années. Mais c'est comme pour l'oppidum, à moins d'un hasard spécial, je dirais un miracle si vous aviez la foi, on ne saura jamais.

—Il va venir?

—Oui, ce soir, pour le dîner. Nous couchons au Val-Dieu cette nuit. De cette façon, nous serons tout portés pour la fête de demain.

—Quelle fête?

—Ah! vous ignorez ce détail. Quel Parisien vous êtes! C'est la fête du pays, la fête du Val-Dieu, autrement dite: l'assemblée.

—Qu'est-ce que c'est que ça, l'assemblée?

—Quelle éducation à compléter, Seigneur! L'assemblée d'un village, c'est une solennité qui revient une fois l'an.