—Dites des ordres à me donner, monsieur le ministre.
—Non, un service à réclamer. Il est inutile de vous recommander la discrétion.
—C'est professionnel.
—Vous ne rendrez compte qu'à moi seul du résultat de vos démarches.
Pavie s'inclina de nouveau.
—Voici ce dont il s'agit. Un de mes amis est fou d'une jeune fille. Cette jeune fille l'entraîne à des fautes dont la principale est de délaisser une famille où, jusque-là, il a trouvé un bonheur parfait. Cette fille le trompe odieusement, mais pour ouvrir les yeux de cet aveugle, il faut l'éclairer avec une lumière éblouissante. Je tiens à connaître les faits et démarches de cette petite à laquelle, d'ailleurs, je ne souhaite aucun mal. On l'indemnisera. Elle n'aura pas à regretter le temps perdu.
—Elle se nomme?
—Angèle Méraud.
—Elle demeure?
—Je ne sais où. Vingt ans, blonde, taille moyenne, un modèle exquis de Parisienne. Figure ravissante, des toilettes d'un goût parfait. C'est la nièce d'une poissonnière des halles, riche, veuve, sans enfants, madame Event, Piment ou Pivent. Elle a un cousin en Normandie, dans l'Orne, près du Val-Dieu, une petite commune perdue. Il se nomme Méraud, comme elle. Voici les notes, avec le signalement. Cela suffit?