On n'y parlait pas politique.

Les gens qui accompagnaient le ministre se sentaient inamovibles dans leurs sinécures.

Le quartier de l'agriculture est à l'abri des révolutions. Les mœurs paisibles et la posture effacée des gens qui émargent à son maigre budget ont l'heur de ne porter point ombrage aux esprits remuants de l'intérieur, de la guerre ou de la justice.

Aussi, il n'est point de personnage plus jovial que M. Olivier Plumartin, le quidam important, stable comme un roc, de ce département pacifique.

M. Olivier Plumartin est absolument nécessaire, indispensable au mouvement de son ministère comme le chauffeur à sa locomotive.

Il tient les fils de la routine dont on ne s'est départi dans son bâtiment à aucune époque et dont on ne se départira jamais.

Il a été élevé dans le sérail.

Il en connaît les abus et les respecte.

Il sait par cœur les formules usuelles des discours de circonstance, destinés à contenter les hommes simples qui les écoutent entre l'aloyau du dîner par souscription et le fromage obligatoire.

Il les souffle en temps opportun aux ministres égarés à la rue de Varennes et que le hasard des cabinets a cueillis dans l'horlogerie ou les sucres pour les placer à la tête des laboureurs de France. Ce sont eux qui sont l'espoir du pays, les nourriciers du peuple, la source féconde de cette richesse inépuisable que le monde nous envie. Ils soutiennent la patrie par le fer de la charrue et le fer de l'épée... ense et aratro.