—Mais, monsieur...

—Parlez sans crainte. Vous me cachez votre pensée. Allez, vous pouvez tout me dire. Vous n'y perdrez rien.

—Oh! monsieur, ce n'est pas l'argent qui me tente. Mais vous êtes bon et franchement cela me peine de vous voir souvent si triste, si fâché. Et vous avez peut-être raison. Quand je suis entrée chez madame, c'était sur les instances de madame Adrien, car il me déplaisait de servir une femme qui n'était pas mariée comme il le faut, mais on me dit que monsieur était si bon que je ne refusai pas.

Eh bien! il y a des moments où je suis en colère contre madame. Monsieur la comble de tout, et ce n'est pas qu'elle soit mauvaise. Non. Au contraire; mais là, sincèrement, je crois qu'elle vous trompe, monsieur. Elle fait des toilettes pour sortir, elle se parfume, elle est cent fois plus coquette que si elle restait ici pour attendre monsieur. Souvent je lui dis:—Restez, madame, il va venir. Elle m'envoie promener.—Tant pis! qu'elle me fait. Je m'ennuie. Et toujours avec son petit air moqueur:—Je vais chez ma tante! Madame Adrien est furieuse aussi bien souvent contre elle, mais elle ne sait rien de précis. A peine êtes-vous sorti, madame s'habille, dégringole les escaliers en chantonnant, et la voilà dehors pour ne rentrer que le lendemain.

—Vous ne savez rien de plus?

—Rien, monsieur.

Chazolles s'était arrêté près d'une fenêtre et tournait le dos à la femme de chambre.

—Sûrement, reprit la Flamande, il n'y a pas de quoi faire pendre quelqu'un avec ce que je vous dis, mais j'ai mon idée.

—C'est bon. Je penserai à vous. Elle n'a rien laissé pour moi?

—Non, monsieur.