Il y porta ses doigts crispés avec un geste furieux:
—Amour ignoble, pensa-t-il, est-ce que je ne pourrai pas t'arracher de là?
Il laissa retomber son bras, découragé.
Non, il ne pouvait pas.
Il était contraint de courber la tête et de s'avouer vaincu.
Malgré ce qu'il savait, il se sentait assez lâche pour pardonner encore si Angèle se jetait à ses genoux.
Il se planta devant un portrait, le seul tableau qui est suspendu aux murailles capitonnées, et à la lueur d'une bougie qu'il promenait devant lui, il le considéra longtemps.
Cette toile, un chef-d'œuvre de Carolus Duran, rendait admirablement le blond bizarre des cheveux à reflets fauves, de ces cheveux magnifiques qui ruisselaient sur les épaules nues, d'une blancheur de neige, éclatante comme un rayon de lune.
Les bras minces au poignet se rattachaient à l'épaule par une liaison harmonieuse; les mains délicates étaient faites pour les caresses.
Le sourire de la bouche, petite et mignonne, et des lèvres de pourpre, sanglantes, appelait les baisers. Les yeux clairs, d'un bleu glauque, brillaient sous des sourcils plus foncés que les cheveux.