—D'où viens-tu?
—De la rue de Londres, chez une de mes amies.
—Ah! tu n'es pas allée à l'Opéra?
Elle jeta sa sortie de bal sur une chaise.
D'un geste ravissant, sans s'occuper de la présence de son amant, en un tour de main, elle avait dégrafé sa robe qui gisait à ses pieds, et maintenant elle arrangeait sa forêt de cheveux, les rejetant en arrière, cambrée, les bras en l'air, et démêlant les torsades lâchées à la débandade avec un peigne d'écaille.
—Pourquoi me faites-vous cette question? dit-elle en se retournant.
—Pour savoir, pour rien.
—Oui, j'y suis allée, dit-elle.
—Seule?
—Qu'est-ce que cela vous fait, m'sieu le ministre? fit-elle, avec un accent de gavroche.