—Où serviez-vous avant de quitter la France?
—Dans un régiment provincial que j'ai quitté en 1783; puis dans un régiment d'infanterie que j'ai quitté en 1785.
—Pourquoi avez-vous abandonné votre patrie dans un moment où vous pouviez la servir utilement?
—Je n'étais plus dans le service depuis sept ans; il y en avait trois que je voyageais: j'étais allé en Allemagne, où je comptais m'établir, et j'y étais effectivement fixé depuis deux ans.
—Vous saviez qu'il y avait eu une révolution en France?
—Je le savais, mais je ne la connaissais pas; d'ailleurs, il y en a eu quatre.
Ce mot ne parut pas produire une impression favorable sur les cinq commissaires, parmi lesquels figuraient un gendarme et un canonnier, Antoine Marly et Claude Sableau.
Le président continua avec humeur:
—Quelles armes aviez-vous lorsque vous avez été arrêté?
—Aucune, répondit Dammartin; quand j'ai vu la vedette à dix pas de moi, j'ai jeté mon sabre.