Théophile Mandar a laissé en manuscrit deux ouvrages: la Gloire et son Frère, et le Phare des Rois, poëme en seize chants; c'est dans le Phare des Rois que se trouve le chant du Crime, qui en fit défendre l'impression en 1809. M. A. Maliol parle ainsi de cet ouvrage: «Quelqu'un qui en a entendu lire des fragments, assure qu'on y remarque parfois des pensées fortes, exprimées avec concision, mais qu'on y trouve aussi de l'incohérence et des incorrections fréquentes. On prétend que Napoléon, ayant lu des passages de ce poëme, désira voir l'auteur et finit par lui témoigner qu'il ne reconnaissait pas en lui l'homme du manuscrit.» Cela n'aurait guère été poli de la part de Napoléon.
En 1814, l'empereur Alexandre, qui alors accueillait volontiers les hommes que leurs opinions libérales avait rendus ennemis du gouvernement napoléonien, permit que l'auteur du Phare des Rois lui fût présenté.
Sur la fin de ses jours, Théophile Mandar était tombé dans l'indigence.
Je trouve dans un pamphlet, publié en l'an VIII et attribué à Rosny (de Versailles) ce portrait assez dur: «Voilà un de ces hommes qui ont le plus à se plaindre de l'ingratitude de leur siècle; de ces aigles qui, tandis qu'ils planent dans les nues, ne songent pas que leur pourpoint est troué, que leurs souliers sont déchirés, leur chemise sale, que leur femme souffre et que leurs enfants meurent de faim. Théophile Mandar fut un des trois premiers membres du Comité religieux, un des trois fondateurs de la secte théo-philanthropique, avec les citoyens Haüy et Chemin le libraire. Ce fervent apôtre d'une religion naturelle et tolérante a donné la Théorie des insurrections, ouvrage qui, dans les circonstances où il a paru (1793), eût pu faire beaucoup de mal, s'il eût été aperçu et si les insurrecteurs savaient lire. Joignons à cet ouvrage le Lendemain des Conquêtes et de la Souveraineté du Peuple.» Ce dernier ouvrage n'est qu'une traduction de l'anglais.
[Page 57.] Vous nous avez promis justice, vous nous la rendrez. Une autre version vient s'ajouter à celle du Patriote Français et à celle du Moniteur. Suivant l'Auditeur national (numéro du samedi, 18 août, page 4), l'orateur aurait dit, en s'adressant à l'Assemblée: «Vous étiez assis quand le peuple était debout, et il semble que vous vous soyez bornés à considérer son attitude. Ressouvenez-vous de cette vérité: quand l'écolier est plus grand que le maître, tant pis pour le maître!»
[Page 58.] Les costumes des membres du Tribunal seront les mêmes que ceux des autres membres des Tribunaux. C'est ce costume à la général sur lequel s'égaie Fournel dans son Histoire du Barreau de Paris pendant la Révolution, et dont s'étaient tant moqués les Actes des Apôtres, deux ans auparavant. Les juges avaient un grand chapeau à panache, ce qui donna lieu aux vers suivants:
Du mot panache, chenapan
Est l'exact anagramme.
Tout vieux qu'est ce mot gallican,
Comme il fait épigramme!