Il y eut une acclamation générale; les hommes qui l'environnaient s'écrièrent:

—Il faut les porter en triomphe! Ils méritent les honneurs du triomphe!

Alors tous les spectateurs, hommes et femmes, se mirent sur deux haies; on apporta deux escabeaux sur lesquels on fit asseoir le père et la fille, et l'on choisit quatre hommes pour les porter. Ceux-ci, les élevant à la hauteur de leurs épaules, les emportèrent hors de la cour de l'Abbaye, aux applaudissements unanimes.

—Place à la vieillesse et à la vertu! s'écriait l'un.

—Honneur à l'innocence et à la beauté!

Un fiacre venait d'amener de nouveaux prisonniers; on y fait monter Cazotte et sa fille; deux hommes montent avec eux, et le cortége se met en marche au trot de deux chevaux, suivi d'une foule qui criait sans relâche:

—Vive la nation! à bas les aristocrates, les prêtres et les conspirateurs!


Ce fut ainsi qu'on arriva rue Thévenot, où était venue loger madame Cazotte. Élisabeth, jusque-là si courageuse et si forte, tomba évanouie dans les bras de sa mère.

D'affreuses convulsions succédèrent à cet évanouissement, et l'on dut craindre pendant plusieurs jours pour sa vie[9]