Minutte.—Très-volontiers.
Chonchette.—Mon laquais est en commission, mais n'importe… Hé! ma mère!…
La Mère.—Eh ben! qu'est-ce qui gnia?
Chonchette.—Faites-nous du café au lait tout à l'heure.
Nous nous trouvons en présence de cette terrible mère de courtisane, la même dans tous les temps, et que la Popelinière a dû rencontrer bien des fois, en effet, sur le chemin de ses folies amoureuses. Le qu'est-ce qui gnia et le café au lait nous rapprochent des caricatures de Daumier et des vaudevilles du Palais-Royal. Ce n'est qu'une indication, mais elle est précise et brûlante.
ONZIÈME DIALOGUE.—Mademoiselle Auguste devenue madame de Rastard; madame Dodo.
A présent, c'est au tour de la marchande à la toilette, madame Dodo, qui vient proposer à madame de Rastard, encore au lit, des pommades de Naples et de Florence, avec des essences de cédrat et de bergamote à l'ambre, des fleurs d'Italie et mille brimborions. Revendeuse à la toilette, au XVIIIe siècle on savait ce que cela voulait dire; aussi madame Dodo ne tarde-t-elle pas à faire connaître le principal objet de sa visite: il s'agit d'un rendez-vous à accorder, et madame de Rastard, dont nous avons laissé entrevoir les mœurs complaisantes, consent à se rendre le lendemain soir dans un petit jardin dont la porte s'entr'ouvrira sur les onze heures.
DOUZIÈME DIALOGUE.—Madame de Rastard vêtue en garçon, madame Dodo.
Suite du précédent. Dans le jardin.