CAZENAVE, survenant, froid, embarrassé, parlant à demi-voix. Monsieur, veuillez m’excuser de vous avoir fait attendre.

MOI, les mains tendues. Cher monsieur... Enfin!... j’ai cru que je ne vous trouverais jamais!

CAZENAVE. J’avais d’abord mal lu votre nom sur votre carte; mais j’ai fini par me rappeler... Nous nous sommes vus si peu de temps!...

MOI. Cela m’a suffi pour me souvenir continuellement de votre courtoisie. Aussi, vous voyez, je suis fidèle à ma promesse. (Montrant son sac de voyage.) Où puis-je déposer ceci?

CAZENAVE. Mais... où vous voudrez... sur le premier meuble venu.

MOI. Cet excellent Cazenave! Pas changé; toujours aussi bonne mine... Je vous aurais reconnu entre mille Cazenave. (Riant.) Il est tellement ému qu’il oublie de m’offrir une chaise. Ma foi! sans façon, je l’accepte! (Il s’assied.)

CAZENAVE, avec un rire forcé. Ah! ah!—Et... peut-on vous demander, au risque d’être indiscret, ce qui vous amène à Toulouse?

MOI. Hein?—Ce qui m’amène à... Ah? oui, oui, oui... je comprends... Elle est bonne!—Ce qui m’amène à Toulouse? (Feignant un grand sang-froid.) Je ne sais pas. (Sur un ton joyeux.) Farceur de Cazenave!

CAZENAVE. Où êtes-vous descendu?

MOI. Je ne suis pas descendu; je vous dis que j’arrive.