LE PHOTOGRAPHE


La scène est chez un photographe,—célèbre, cela va sans dire,—ils le sont tous. Le théâtre représente la salle de pose; plusieurs objectifs sont dressés çà et là, menaçants comme une batterie. Sur une estrade, un fauteuil sculpté, frangé, en velours vert;—à côté, une colonne en bois;—une toile de fond, figurant un paysage italien. Des livres et des vases de fleurs encombrent une table recouverte d’un tapis, qui tombe jusqu’à terre. Il est midi et demi; le soleil boude, comme un associé mécontent.—Au lever du rideau, le photographe, habillé à l’instar d’un premier rôle de l’Ambigu, joue aux cartes avec un de ses apprentis.

L’APPRENTI. Je demande.

LE PHOTOGRAPHE. Combien?

L’APPRENTI. Quatre.

LE PHOTOGRAPHE. En voilà quatre. (A un domestique qui se présente.) Est-ce qu’il y a beaucoup de monde au salon?

LE DOMESTIQUE. Six personnes, monsieur.

LE PHOTOGRAPHE. Sont-elles inscrites?

LE DOMESTIQUE. Oui, monsieur.