—Non, non! réplique vivement le négociant; je suis tout à toi.
—Tes affaires vont comme sur des roulettes, à ce que j’entends répéter par tout le monde. Je t’en félicite. D’ailleurs, tu mérites ton bonheur; tu as toujours été très-actif, très-habile, très...
Le négociant s’agite sans répondre.
—Où mets-tu les allumettes? continue Francbeignet, en se levant et en cherchant par la chambre.
Quand il en a trouvé une, et quand il a essayé de rallumer son tronçon de cigare charbonné:
—Ah! ça tu ne me demandes pas ce que je fais, moi? s’écrie-t-il.
—Eh bien, qu’est-ce que tu fais!
—Je suis à la tête d’une entreprise magnifique, mon cher! Je dirige une usine de décortication de haricots, à la Villette... j’anoblis le soissonnais; je réhabilite un légume estimable, en lui enlevant ce vernis de ridicule sous lequel le préjugé l’a tenu étouffé trop longtemps.
—Ah!
—La chance m’a souri à mon tour; d’ici à deux ans j’aurai deux cent mille francs. Mais pour faire face aux premières éventualités, j’ai besoin de dix mille francs... que je viens te demander, mon bon Édouard.