LA FEMME. Enlevez cela, et apportez le rôti. (La bonne sort.) Où as-tu donc la tête? Est-ce que je n’ai pas vu le moment où tu allais me contredire devant cette fille?

LE MARI. Puisqu’elle a promis de ne plus mettre autant d’ail!

LA FEMME. Ah bien! si tu te mets sur le pied de donner raison à ta domestique, tu auras fort à faire; je ne te dis que ça.

LE MARI. Mangeons.

(Le rôti passe, sans soulever d’observation de part ni d’autre. Vient le dessert, puis le café.)

LA FEMME, à la bonne. Vous pouvez dîner à présent, Marie. Apportez-moi le pain, que je vous en coupe un morceau.

LA BONNE. Voilà, madame.

LA FEMME. Donnez-moi votre verre, que je vous verse du vin.

LA BONNE. Oui, madame. (La bonne sort).

LE MARI, à la femme. Oh!... Tu n’as pas honte de lui mesurer ainsi son boire et son manger?