Les lanciers! les moins farouches de tous les cavaliers, coiffés élégamment, cambrés en selle, riants et rapides!

J’ai l’honneur de connaître un lancier, un ancien lancier, et de déjeuner quelquefois avec lui dans un café du boulevard.

A toutes les qualités de l’homme du monde et du militaire en retraite, ce lancier joint un appétit considérable.

Sa lance s’est changée en fourchette.

II

—Vous souriez de ma fière prestance à table,—me dit-il l’autre matin, après avoir exterminé une plantureuse entre-côte;—et vous avez raison de sourire.

»Je vous souhaite de porter un jour vos soixante ans comme je porte les miens.

»Et cependant, ce que je suis n’est rien en comparaison de ce que j’ai été.

»Je parle du temps où j’avais l’honneur de servir dans les lanciers...

»Garçon! qu’est-ce que vous allez nous donner maintenant?