Il est arrivé! c’est-à-dire il connaît tous les acteurs, une armée! depuis les généraux jusqu’aux simples soldats, et les tambours, et les cantinières; il a barre sur eux, il a le droit de les apostropher dans la rue, de leur taper sur le ventre, de les arrêter par un bouton d’habit, de leur demander des billets de faveur, de leur donner des conseils, de faire leur partie de domino!
Les connaissant, il a pris insensiblement leurs manières, leurs habitudes, leur costume; il est rasé de bleu; il boit l’absinthe à trois heures, il dîne à quatre.
Il leur a emprunté leur langage, en l’outrant et en l’employant à contre-sens.
Il appelle mademoiselle Boisgontier la Bois-bois.
Il trouve à Gourdin du galoubet (une bonne voix).
Il déplore qu’on n’ait donné à Omer qu’un rôle de cent cinquante (lignes).
Il dit d’une pièce ennuyeuse qu’elle est crevante.
Il déclare que Deshayes est un bénisseur;
Et que Montdidier colle des affiches, c’est-à-dire qu’il joue, les mains étendues[3].
[3] L’ami des acteurs aura beau faire avec son demi-argot, il n’approchera jamais de la puissance d’expression des deux titis que j’ai entendus l’année dernière.