Un trait inouï et sublime de probité domine l’existence de Corfou.
Cela devrait être raconté au bruit des harpes par un poëte coiffé d’or.
Il avait un tailleur, comme tout le monde,—et, comme tout le monde, il devait de l’argent à ce tailleur.
Le tailleur avait épuisé tous les modes de réclamations; il en était arrivé à la période exaspérée et aux visites quotidiennes.
Corfou, lui, se montrait imperturbablement exquis; il avait toujours une parole d’espoir—et une chaise—à offrir à son créancier.
Un matin, pourtant, le drame fit explosion.
Le tailleur eut un mot de trop.
Corfou devint pâle; il aurait pu aisément le jeter par la fenêtre, mais il se contint.
Il boutonna sa redingote et prit son chapeau.
—Monsieur, dit-il, attendez-moi un instant; je vais chercher votre argent et je vous le rapporte.