—Hommes de peu de foi! murmure-t-il en s’exécutant, et se sentant poussé par le flot.
Au vestiaire, il s’arrête pour ôter son paletot. Moment d’éblouissement! La chenille se change en papillon. Le bourgeois devient un chicard.
—Viens, Sophie! dit-il en montant majestueusement le grand escalier.
III
Il est coiffé d’un casque en carton doré, d’où jaillit ce prodigieux plumet dont il a été question plus haut. Un catogan de postillon sème la poudre sur ses épaules, auxquelles est attaché un sac de soldat. Sa figure est atrocement tatouée, mi-partie jaune et verte, avec des croissants et des lunes en papier découpé. D’énormes besicles de marchand d’orviétan sont à cheval sur son nez. Les ordres les plus fabuleux s’étalent sur sa poitrine presque nue: dromadaire du bey de Tunis, onagre bleu du grand Mogol, ciron ailé du roi d’Étrurie, condor du duc de Roussillon. A sa ceinture est pendue une cuiller à pot, ainsi qu’une corde d’oignons en guise de breloques. Il a un habit vert d’incroyable, dont les pans balaient le sol; un maillot d’Alcide du Nord en tournée départementale, des gantelets de cuir, des bottes à cœur et à gland. Il balance négligemment de la main droite un lorgnon large comme une fourche.
IV
A peine son pied s’est-il posé sur les tapis du premier étage, qu’il s’annonce par des effets de grelots, et qu’il s’affirme (un mot à la mode) par une explosion de cris et d’apostrophes.
Il pénètre dans les groupes à la façon d’un boulet de canon; les uns le rudoient, les autres rient.
Il saisit toutes les femmes à la taille, disant à l’une:
—Chère belle, vous venez de laisser tomber votre extrait de naissance!