Comment fit celui-ci pour vivre? Je l’ignore. Comment font tant d’autres?...

Des récits lamentables parvenaient par intervalles aux oreilles de l’oncle, qui se contentait de proférer un de ses axiomes:

—Il est bon qu’un garçon mange de la vache enragée.

Une fois, il reçut une lettre d’un accent désespéré, dans laquelle son neveu l’avertissait qu’il était à bout de ressources honnêtes, et que si le ciel ou son «bon oncle» ne lui venait en aide dans les quarante-huit heures, il se verrait obligé de mettre fin à son existence.

—Bah! bah! murmura l’oncle, en haussant les épaules.

—Déclamations de jeune homme! ajouta la domestique.

Les quarante-huit heures écoulées, le jeune homme fit comme il avait dit. Il se tua.

Ce qui se passa dans l’âme de l’oncle à cette nouvelle, on ne l’a jamais su.

Peut-être ne se passa-t-il rien.

Seulement, cinq ou six ans après la mort de son neveu, il se chargea de son épitaphe.