—Prête-moi ce mannequin? dit-il à l’artiste.

—Pourquoi faire?

—Je n’en sais rien; mais laisse-moi l’emporter.

—Volontiers, répond le peintre, habitué sans doute aux excentricités du cor.

Et Vivier s’en va bras dessus bras dessous avec le mannequin.

Il était onze heures. Le dernier omnibus était sur le point de partir. Il n’y avait personne dedans. Le cocher dormait sur son siége; le conducteur battait la semelle sur le trottoir.

Vivier monte avec son mannequin et s’installe dans les places du fond. Grâce à la demi-obscurité, le mannequin, assis comme une personne naturelle, faisait illusion.

L’omnibus s’emplit peu à peu. On part.

—Pour deux personnes! dit Vivier en passant douze sous au conducteur.

Dix minutes après, arrivé devant sa porte, il descend, laissant le mannequin dans la voiture,—sans s’embarrasser de la surprise et de l’effroi que celui-ci doit y causer tôt ou tard.