ALPHONSE. Quelle impatience! Sais-tu que tu es redevenu juvénile en diable?
CATHALA. Que veux-tu? J’ai eu le temps de me refaire des illusions à Agen. J’ai soif des Parisiennes, telles que nous les représentent vos livres et vos dessins. Quels démons de grâce et d’esprit, hein! dis, dis?
ALPHONSE. Oui, il y en a.
CATHALA. Oh! toi, tu les coudoies trop chaque jour pour les admirer avec sincérité, comme nous autres provinciaux.... Ah! pour le coup, je ne me trompe pas, il y a de la soie dans l’escalier....
Entrent Jeanne et Hermance. Hermance est plus grande qu’on l’a annoncé, plus blonde aussi. Ses cheveux sont ébouriffés sous un chapeau élevé. Elle porte une robe dite Princesse, haute de taille, étroite de ventre et traînante par derrière. Sur un de ses bras, elle tient un petit brimborion de chien havanais, dont on n’aperçoit ni les yeux, ni la tête, ni les pattes, ni la queue.
JEANNE. Monsieur Cathala, comment allez-vous?.... Bon Dieu, comme vous engraissez! Je ne vous aurais pas reconnu!... Mon petit Alphonse, embrasse-moi là, au-dessus de l’œil, ni trop haut, ni trop bas, à cause de la poudre de riz... Je t’ai réservé un petit rond.
CATHALA. Ces Parisiennes!
JEANNE. Messieurs, permettez-moi de vous présenter ma chère Hermance, une de mes meilleures amies, que j’ai pris la liberté d’amener.
CATHALA. Une telle liberté équivaut à une bonne fortune pour nous.
HERMANCE. Ça n’était donc pas convenu?