LE PÈRE, avec agitation. Je me moque de la cérémonie! je te parle de notre vache, et je dis comme ça que c’est n’avoir pas de cœur que d’attendre à demain, quand on peut aujourd’hui procurer du soulagement à cette bête.—Donne-moi ma veste.
LA MÈRE. Pour quoi faire?
LE PÈRE. Pour aller chez M. Maillard, et l’amener avec moi voir Biquette.
LA MÈRE. Attends au moins à ce tantôt. Tu ne seras pas de retour assez à temps pour donner le bras à ta fille.
LE PÈRE. Son frère l’accompagnera.
LA MÈRE. Auguste? Où veux-tu que j’aille le chercher à présent?
LE PÈRE. Enfin, tu feras comme tu pourras. Mais je ne connais que la justice: notre vache est notre vache, et je n’aime pas à voir souffrir personne. Je vais chez M. Maillard.
LA MÈRE, suppliante. Bertrand!
LE PÈRE. Veux-tu que je te dise? Eh bien, toi, tu as toujours eu le cœur sec. (Il sort.)
LA MÈRE, seule. Qu’est-ce qu’il a dit? J’ai mal entendu, ce n’est pas Dieu possible... Voici mon fils!