Il est cinq heures et demie de l’après-midi. Le théâtre représente la chambre de Georges dans un hôtel garni de deuxième ordre. Adèle, jeune blanchisseuse des environs, s’y trouve seule en ce moment.
GEORGES, entrant, tout essoufflé. Je te jure qu’il n’y a pas de ma faute, mon Adèle! Ouf!
SON ADÈLE. Merci! je te retiens, toi. Une heure de retard! Que dira ma maîtresse de magasin!
GEORGES. Si tu savais que de courses j’ai faites! J’en suis esquinté.
SON ADÈLE. Avec cette toilette de notaire et ces souliers de bal? Tiens, regarde-moi, tiens, tiens! (Elle hausse les épaules.)
GEORGES. J’ai été à l’enterrement d’un de mes amis.
SON ADÈLE, chantonnant. Trou la trou, trou la trou... Si tu avais été à l’enterrement, tu sentirais le vin.—Approche ta tête, s’il vous plaît.—Et ton mouchoir? Pouah! Monsieur se met du musc à présent, comme les vieilles femmes.
GEORGES, à part. Le parfum préféré d’Herminie! Profanation!
SON ADÈLE. Tu sais bien pourtant que je t’ai défendu de te servir d’autre chose que du Bully.
GEORGES. C’est vrai; je ne le ferai plus; pardonne-moi, ma petite Adèle.