ADÈLE. Combien? combien?
Mme TRUDAINE. Écoute, ma petite, ne joue pas la finesse avec moi; je connais ton jeu comme si je te l’avais taillé. Tu sors de chez le bijoutier, et tu sais son prix.
ADÈLE. Eh bien, après? quel mal y a-t-il à cela?
Mme TRUDAINE. C’est que le prix de maman Trudaine n’est pas tout à fait celui du bijoutier.
ADÈLE. Mais enfin, qu’est-ce vous en offrez, vous?
Mme TRUDAINE. A cause de toi, mon chéri, j’irai jusqu’à cent francs.
ADÈLE, remettant la bague à son doigt. Prenez donc garde d’attraper un effort.
Mme TRUDAINE. Ah! je sais bien, nous préférerions traiter avec le bijoutier, qui est plus généreux, plus large. Mais le bijoutier est curieux; il veut tout savoir, les tenants et les aboutissants; il exige des papiers, et quelquefois il ne paie qu’à domicile. Tandis que maman Trudaine ne demande rien du tout; elle est glissante, elle...
ADÈLE. Mais, dites donc, cette bague vient de mon Georges!
Mme TRUDAINE. Oh! alors, c’est bien simple! Que ton Georges t’accompagne chez le bijoutier. (Moment de silence.)