« La méchanceté est une maladie sociale. L’homme naturel n’est pas plus malfaisant qu’une autre brute. L’homme civilisé fait horreur ou pitié. Comptez les étages d’une maison, et rappelez-vous la parabole de Babel. »

« Si j’avais le pacte social à ma disposition, je n’y changerais rien; je le déchirerais. »

« Le fruit de l’arbre de la science du bien et du mal, c’est la société. La première fois que l’homme s’est enveloppé d’une ceinture de feuillages, il a revêtu l’esclavage et la mort. »

Il y a deux instincts très opposés dans l’homme simple: l’instinct de conservation pour lui et pour ce qui procède de lui; l’instinct de destruction pour tout ce qui lui est appris et commandé. La société est donc fausse. »

« Toutes les œuvres de Dieu sont accomplies dans leur destination et dans leur fin. Si la société était entrée dans le but de la création, l’alouette ne conduirait jamais ses petits dans un champ de blé mûr et prêt pour la moisson. »

« Il y a peu d’hommes dont le cœur ne tressaille d’indignation et de douleur à l’aspect d’un fier lion garrotté dans une cage de fer, et léchant avec humilité la main sanglante du boucher qui le nourrit. Que doit penser l’homme qui regarde l’homme? »

« Pour rendre l’inégalité politique moins outrageante, presque tous les peuples qui ne l’ont pas fait reposer sur des avantages moraux en ont du moins rattaché l’origine à des souvenirs généreux ou à des traditions sacrées. Il ne s’est pas trouvé encore de législation assez dépravée pour avouer dans ses institutions l’aristocratie de l’argent. Quand nous en serons là, il fera beau vivre, car tout finira. »

« Il est bien humiliant pour l’espèce que les esclaves ne soient en minorité nulle part dans une société humaine. Que faut-il donc pour changer une mauvaise place contre une bonne, quand on a la force et le nombre? »

« Rien de plus facile que de persuader à l’homme qu’il dépend de l’homme, en vertu d’un droit mystérieux, fondé sur un titre inconnu. Mais comment lui faire comprendre, ce qui est vrai, que sa dépendance résulte purement et simplement de l’inégalité d’un ancien partage du sol, qui n’a changé ni de forme ni d’étendue, et qui peut tous les jours être remis en litige? »

« La ruche de l’abeille n’appartient pas au frelon, mais les fleurs des champs appartiennent à tous les insectes de l’air. La seule propriété inviolable de l’individu, c’est son industrie. »