[5] Ni le ministre de l'instruction publique, ni celui des travaux publics n'avaient fait l'an dernier de démarches en notre faveur.
DEUXIÈME SÉRIE AU PROVINCIAL
16 novembre 1900,
Si je voulais comme on le fait communément lancer la deuxième série de ces cahiers, je commencerais par annoncer que j'ai pris l'interview la plus considérable du monde,—et cela serait vrai, puisque j'ai en mains la sténographie du congrès socialiste international récemment tenu à Paris, puisque je suis le seul éditeur, officiel ou non, qui ait en mains et puisse et veuille donner cette sténographie. Mais pas plus que l'année dernière nous ne parlerons cette année un langage nouveau.
La deuxième série de ces cahiers comportera vingt cahiers sans doute, espacés à peu près de quinzaine en quinzaine au long de cette année scolaire. De plus en plus, et très opportunément, l'année scolaire devient l'année ouvrière, au moins pour le travail intellectuel. Comme il convient nous travaillerons à nos cahiers pendant que la plupart de nos abonnés travailleront de leurs métiers. Puis dans le temps que nos abonnés se reposeront de leur travail nous nous reposerons de ce travail aussi. Le premier cahier de la deuxième série passera sans doute une quinzaine après ce douzième et dernier cahier de la première série. Le vingtième et dernier cahier de la deuxième série passera sans doute en fin juin, non seulement avant le commencement des vacances, mais avant le commencement des examens et des concours, parce que les examens et les concours sont aussi, en un sens, une vacance du travail sérieux. Pour situer vingt cahiers en huit mois, de novembre à juin, nous aurons même à les serrer un peu.—Ces cahiers auront de quatre-vingts à cent vingt pages.
Dans ces cahiers nous continuerons à dire entièrement la vérité.
Nous dirons entièrement vrai. Nous continuerons à donner des documents et des renseignements impartialement choisis de ce que nous aurons vu et de ce que nous saurons qui intéresse la révolution sociale au sens où nous la préparons quand nous préparons la naissance et la vie de la cité harmonieuse. Les hommes et surtout les événements ont d'eux-mêmes à peu près déterminé une période écoulée de l'action socialiste en France,—incluse du premier congrès national au deuxième. La Société nouvelle de librairie et d'édition, 17, rue Cujas, Paris, nous a donné le compte rendu sténographique officiel de ce premier congrès. La même Société nous prépare et va nous donner le compte rendu sténographique officiel de ce deuxième congrès. Mais les congrès ne sont que les manifestations cérémonielles de mouvements profonds et durables. Et s'il est indispensable de garder les traces des manifestations, il n'est pas moins indispensable que les mouvements profonds et durables soient conservés pour l'historien. Sous ce titre courant: du premier congrès au deuxième ces cahiers publieront, les documents et les renseignements que nous pensons que l'historien doit avoir de l'action socialiste incluse entre les deux premiers congrès nationaux. Nous ferons en particulier tout ce que nous pourrons pour publier en cahiers les comptes rendus des séances tenues par le singulier comité général que nos lecteurs n'ont pas oublié.
Cependant que nous réunirons et que nous publierons les documents et les renseignements que nous pensons que l'historien doit avoir de la précédente période, la présente période marchera. Et ici nous serions fort embarrassés, forcés que nous serions de vivre à la fois dans deux périodes, comme historien de la précédente et comme citoyen de la contemporaine, si dès le commencement de l'année dernière Hubert Lagardelle n'avait fondé le Mouvement Socialiste à seule fin de produire au lecteur les renseignements qu'il peut demander sur l'action socialiste pendant qu'elle se fait, pendant qu'elle se meut. Laissant donc à nos camarades et à nos amis le soin de produire au mieux ces renseignements d'action pour ainsi dire contemporains, nous serons d'autant plus libres pour publier nos documents et nos renseignements d'histoire sur l'action faite un peu après qu'elle est faite.