—Ce rapport n'était pas un réquisitoire implacable, mais un de ces réquisitoires mouillés de tendresse qui écrasent leur homme. L'auteur m'y reprochait d'avoir fondé une revue ayant le caractère et le format du Mouvement Socialiste. Je fus imbibé, liquidé. Je ne me défendis pas. Quand l'auteur eut fini sa lecture je répondis textuellement:
—Je ne veux pas dépenser le temps de l'assemblée générale pour un cas individuel. Ceux de vous qui après avoir entendu l'accusation voudront m'entendre en ma défense me trouveront au siège des cahiers, 19, rue des Fossés-Saint-Jacques, le lundi et le jeudi, de deux heures à sept heures.
—Y allèrent-ils?
—Quelques-uns, deux ou trois sur une vingtaine et quelques. J'étais si abasourdi que je ne pensai pas à demander la division, qui est de droit. Et comme je voulais approuver le restant du rapport, comme je voulais approuver hautement le travail considérable que les mêmes hommes avaient fait pour la réinstallation de la librairie, je votai oui sur l'ensemble du rapport, j'adoptai avec l'immense majorité des sociétaires la partie du rapport qui me maltraitait.
Je répondis à cette accusation en publiant dans le deuxième cahier, à la page trois de la couverture, cet avis:
Nous annonçons ici les publications que nous voulons signaler à nos lecteurs, sans demander aux éditeurs ni leur avis ni leur finance. Aucun éditeur ne peut s'offenser de cette annonce.
La seconde moitié de la troisième page et la quatrième page tout entière annonçaient le Compte rendu sténographique officiel du Congrès général des Organisations socialistes françaises tenu à Paris du 3 au 8 décembre 1899.
Pendant un an je saisis toutes les occasions de faire à la Société Nouvelle une utile publicité. Je rappelai sur la couverture du quatrième cahier, pour mémoire, à tous ceux qui auraient entendu prononcer quelque réquisitoire contre ces cahiers qu'aussi longtemps qu'ils ne m'auront pas entendu en ma défense ils seront dans une situation exactement antidreyfusiste. Ils ne vinrent pas plus. Sur la couverture du cinquième j'annonçai:
Vient de paraître à la Société Nouvelle de librairie et d'édition, 17, rue Cujas, Paris: la Question de l'Enseignement secondaire en France et à l'étranger, par Ch.-V. Langlois, un volume de 140 pages, petit in-18, à 1 franc 50, livre que nous aurons sans doute à citer quand nous présenterons les raisons pour et contre la liberté de l'enseignement.
Vient de paraître à la même librairie: la Réforme militaire. Vive la Milice, par Gaston Moch, ancien capitaine d'artillerie; M. Gaston Moch a réuni et composé les articles qu'il avait donnés à la Petite République; une forte brochure de 64 pages, in-8°, à 0 fr. 30; pour la propagande, 50 exemplaires, 12 fr. 50, et 100 exemplaires, 20 francs.