AU LECTEUR.

En présentant ce livre au public, l'auteur remplit un devoir. Pendant quatre longs mois tout un peuple a eu les yeux fixés sur les vastes territoires du Nord-Ouest, pendant quatre longs mois des centaines de familles canadiennes ont vécu dans l'anxiété la plus cruelle; pendant ce temps-là, des centaines de jeunes Canadiens bravaient toutes les misères, toutes les fatigues, la mort même, pour rétablir la paix et supprimer la révolte.

Et personne ne racontera leurs souffrances! personne ne redira leurs misères! Laisser passer cette page d'histoire canadienne sans la graver dans nos annales serait une négligence impardonnable, presqu'un crime.

Voilà la mission! voilà le devoir!

Quelqu'inexpérimenté que fût l'auteur, il n'a pas reculé devant la grandeur de la tâche imposée. Il confesse son incapacité et prie le lecteur de prendre en considération sa jeunesse et sa bonne volonté et de lui pardonner les mille imperfections de son oeuvre.

Lachine 1886.
CHARLES R. DAOUST.

PRÉFACE.

Est-il réellement nécessaire de faire une préface à cet ouvrage? Telle est la question que je me suis posée et qu'après mûre réflexion j'ai résolue dans l'affirmative. Il faut une préface, quand ça ne serait que pour expliquer au lecteur le plan sur lequel le livre a été écrit et en donner la raison.

Avant d'entrer en matière, il est de mon devoir de prévenir le public que ce livre n'a aucun but politique. J'ai voulu m'élever au-dessus de toute discussion de parti et présenter cet ouvrage qui n'aura d'autre mérite que sa valeur historique. Si, de l'avis de tous ceux qui ont pris part à la campagne de 1885, j'ai fait un récit fidèle de tous les événements qui ont accompagné le passage du 65ème dans le Nord-Onest, mon but aura été atteint.

Pour rendre le récit plus clair et le mettre à la portée de tous, j'ai divisé l'ouvrage en quatre parties distinctes: