13 de juin.—Beau temps frais. Un petit orage vient de temps à autre varier l'uniformité de la température. Le général envoie un détachement de l'Infanterie Légère de Winnipeg, fort de cent hommes, intercepter la route de Gros-Ours.

14 de juin.—Même température que la veille. On eut la messe vers les sept heures. Dans l'après-midi, quelques officiers vont visiter le camp des Sauvages. Un triste spectacle s'offrit à leur vue. Dénués de tout, le corps à peine vêtu de quelques haillons ramassés un peu partout et formant un assemblage de costumes les plus bizarres, les malheureux Montagnais étaient étendus sous leurs tentes usées et déchirées. Jamais pauvreté plus abjecte n'habita plus misérable abri. Les officiers revinrent au camp tout pensifs, songeant aux milliers de familles éparses dans la vaste plaine dont la misère trouvait un tableau dans celle des pauvres malheureux qu'ils venaient de visiter.

15 de juin.—La nuit fut très-froide. Quand le réveil sonna le matin, on fut quelque peu surpris de voir les tentes entourées d'une épaisse couche de neige; le lac situé près du camp était lui-même couvert d'une couche de glace d'un quart de pouce d'épaisseur. Le colonel Smith quitta le camp, accompagné de cent hommes de l'Infanterie Légère de Winnipeg, pour des régions inconnues. Dans le cours de l'après-midi le général Middleton arriva accompagné de son état-major et en commandement de renforts considérables. Ils ont avec eux un canon gatling.

16 de juin.—Beau temps. Les maringouins se font encore sentir.

17 de juin.—Le beau temps continue, les maringouins ditto. Le capitaine Giroux part pour Montréal.

18 de juin.—Aucun changement dans la température. Plusieurs officiers et soldats vont se baigner dans la rivière aux Castors.

19 de juin.—Temps frais. On apporte au camp la nouvelle que quelques Cris des Bois sont au lac des Iles avec la famille McLean qu'ils se déclarent prêts à rendre. Le général envoie deux Chippewayens accompagnés de l'éclaireur Mackay pour aller chercher les prisonniers.

20 de juin.—La nuit a été très-froide et peu de soldats ont bien dormi. Au lever, il y avait une petite gelée blanche de près de deux pouces d'épaisseur. Le camp est levé et l'on retourne coucher aux quartiers-généraux.

21 de juin.—Beau temps. Messe à huit heures. Dans l'après-midi, il commence à circuler des rumeurs quant au prochain départ des troupes.

22 de juin.—On doute de l'exactitude des rapports quant au renvoi prochain des forces militaires du Nord-Ouest. Le temps se continue beau.