Maintenant, mes amis, je comprends le légitime désir que vous avez d'aller embrasser vos familles en passant par l'église où vous allez remercier Dieu de vous avoir protégés tout spécialement.

Encore une fois, merci! Encore une fois, soyez les bienvenus parmi nous!

Permettez-moi, colonel. Ouimet, de vous presser la main, comme tous les citoyens de Montréal voudraient pouvoir la presser, en ce moment, à tous les hommes de votre bataillon!

Madame Beaugrand présente au colonel Ouimet un magnifique bouquet avec attaches tricolores. Des bouquets sont aussi présentés aux majors Hughes et Dugas, ainsi qu'aux officiers.

Puis on continue la marche; toujours la même foule, toujours le même enthousiasme, et toujours les mêmes acclamations. Partout des banderoles, des drapeaux, des festons, des saluts et des armes, et à maints endroits des larmes de joie, d'orgueil et de triomphe. Nos concitoyens anglais ont fait beaucoup pour ajouter à l'éclat de la réception de nos troupes. Les bureaux du Pacifique, la Banque de Montréal, le Bureau des Postes, le Saint Lawrence Hall, les Compagnies d'Assurance, les banques, le Mechanics' Hall, la rue McGill, toute belle, la partie de la rue Notre-Dame entre la rue McGill et la paroisse, ravissante; il faudrait tout un volume pour décrire toutes ces belles choses et pour dire avec quelle bonne volonté, avec quel coeur on a fait tout ça.

L'ENTRÉE A L'ÉGLISE.

Le 85ième, la garde d'honneur, entra d'abord, précédé de son corps de musique, pénétra par l'allée du centre et défila par une allée latérale; ensuite entra la musique de la Cité suivie des fondateurs du 65ième bataillon, puis les héros de la fête.

Messieurs de Saint-Sulpice, ayant à leur tête le dévoué, patriotique et bon curé Sentenne, avaient fait tout pour recevoir les braves à Notre-Dame. Partout des drapeaux, des inscriptions et des festons et surtout une foule considérable qui remerciait Dieu du retour si heureux de nos troupes.

Le 65ème arrive, tel qu'il est, sale, déchiré, mal coiffé, noir, mais l'oeil vif et la jambe alerte, il suit sa musique, le sourire aux lèvres et vient prendre la place qu'on lui avait désignée.

On entonne Magnificat; vingt mille voix se mêlent au choeur et tous dans un même élan religieux et patriotique, chantent à Marie son principal cantique de louanges.