Au moment où l'Europe, régénérée par les lumières, dépouille enfin les derniers vestiges d'une longue barbarie, où l'esprit humain achève la plus noble des conquêtes, celle de la liberté, où les rois et les peuples, éclairés par la philosophie, conspirent à fonder ces institutions tutélaires dont les uns attendent leur gloire, les autres leur bonheur, la France devait un hommage public aux sages qui, en l'éclairant, ont préparé ses nouvelles destinées, et l'homme dont les travaux eurent pour objet, pendant soixante ans, la science de l'éducation, n'était pas le moins digne de sa reconnaissance. Aujourd'hui, cette science acquiert un caractère encore plus solennel: chez les peuples libres, le ministère de l'éducation n'est plus seulement une fonction honorable, il devient un auguste sacerdoce. C'est elle qui affermira nos institutions naissantes; c'est par elle que la génération qui se prépare s'élèvera pour la liberté et pour la patrie. Liberté! Patrie! noms chers et sacrés, soutiens des mœurs et principes des vertus, les sentiments dont vous remplirez tous les cœurs y resteront gravés en traits ineffaçables: vous frapperez, au sortir du berceau, l'oreille de l'enfant; vous viendrez vous mêler aux études, aux plaisirs de l'adolescence; vous ferez l'orgueil de l'âge mûr, et la consolation de la vieillesse.



A SON ALTESSE

SÉRÉNISSIME

MONSEIGNEUR

LE DUC

DE CHARTRES.