[Note 305: ][ (retour) ] «Confessio expressa hosti, quanta vis in Romanis ad expetendas pœnas ab infidelibus sociis, et quàm nihil in Annibale auxilii ad receptos in fidem tuendos esset.» (LIV. lib. 26, n. 16.)

Défaite et mort des deux Scipions en Espagne.

Liv. lib 23, n. 32-39. AN. M. 3793 ROM. 537. La face des affaires était bien changée en Espagne. Les Carthaginois y avaient trois armées: l'une était commandée par Asdrubal, fils de Giscon; l'autre par Asdrubal, fils d'Amilcar; la troisième, sous la conduite de Magon, s'était jointe au premier Asdrubal. Les deux Scipions, Cnéus et Publius, crurent devoir diviser leurs troupes pour attaquer les ennemis séparément; et c'est ce qui fut la cause de leur perte. Ils convinrent que Cnéus, avec un petit nombre de Romains et trente mille Celtibériens, irait contre Asdrubal, fils d'Amilcar, pendant que Publius, avec le reste des troupes, composées de Romains et d'alliés d'Italie, marcherait contre les deux autres généraux.

Publius fut accablé le premier. Aux deux chefs qu'il avait en tête s'était joint Masinissa, fier des victoires qu'il venait de remporter contre Syphax, et il devait bientôt être suivi par Indibilis, prince puissant en Espagne. On en vint aux mains. Les Romains, attaqués en même temps de tous côtés, se défendirent courageusement, tant qu'ils eurent leur général à leur tête: mais, lorsqu'il eut été tué, le peu qui avait échappé au carnage prit la fuite.

Les trois armées victorieuses partirent aussitôt pour aller contre Cnéus, et pour terminer la guerre par sa défaite. Il était déjà plus qu'à demi vaincu par la désertion de ses alliés, qui avaient tous abandonné son parti [306], et qui laissèrent aux chefs romains cette importante instruction, de ne souffrir jamais que dans leur armée le nombre de leurs propres troupes fût inférieur à celui des troupes étrangères. Il eut quelque pressentiment de la mort et de la défaite de son frère en voyant les ennemis arriver en si grand nombre. Il ne lui survécut pas long-temps, et fut tué dans le combat. Ces deux grands hommes furent également pleurés par leurs citoyens et par leurs alliés, et les Espagnes les regrettèrent à cause de leur justice et de leur modération.

[Note 306: ][ (retour) ] «Id quidem cavendum semper romanis ducibus erit, exemplaque hæc verè pro documentis habenda: ne ità externis credant auxiliis, ut non plus sui roboris suarumque propriè virium in castris habeant.» (LIV. n. 33.)

La perte de ces vastes pays paraissait inévitable pour les Romains; mais la valeur d'un simple officier, nommé L. Marcius, chevalier romain, les leur conserva. Bientôt après on y envoya le jeune Scipion, qui vengea bien la mort de son père et de son oncle, et y rétablit entièrement les affaires des Romains.

Défaite et mort d'Asdrubal.

Polyb. l. 11, p. 622-625. Liv. lib. 27, n. 35-39-51. AN. M. 3798 ROM. 542. Un échec inopiné acheva de ruiner en Italie toutes les mesures et toutes les espérances d'Annibal. Les consuls de cette année, la onzième de la seconde guerre punique (car je passe beaucoup d'événements pour abréger), étaient C. Claudius Néron et M. Livius. Celui-ci avait pour département la Gaule cisalpine, où il devait s'opposer à Asdrubal, qu'on disait être près de passer les Alpes: l'autre commandait dans le pays des Brutiens et dans la Lucanie, c'est-à-dire dans l'extrémité opposée de l'Italie, et là il tenait tête à Annibal.