[Note 378: ][ (retour) ] Οἷα νέος φιλότιµος, ἄρτι δόξης γεγευµένος, οủκ ἤνεγκε µετρίως τὸ εὐτύχηµα (PLUT. Præcept. reip. ger. p. 806.)
Plut. ibid. AN. M. 3901 ROM. 645. AV. J. C. 103. Marius entra en triomphe dans Rome, faisant voir aux Romains un spectacle qu'ils avaient de la peine à croire, même en le voyant, Jugurtha captif: cet ennemi redoutable, pendant la vie duquel on n'avait osé espérer de voir la fin de cette guerre, tant son courage était mêlé de ruses et de finesses, et son génie fertile en nouvelles ressources au milieu des malheurs les plus désespérés. On dit que dans la marche du triomphe il perdit l'esprit, qu'après la cérémonie il fut mené en prison, et que les sergents, se hâtant d'avoir sa dépouille, lui déchirèrent toute sa robe, et lui arrachèrent les deux bouts des oreilles pour avoir les pendants qu'il y portait. En cet état, il fut jeté tout nu et plein d'effroi dans une fosse profonde, où il passa six jours entiers à lutter contre la faim et contre la crainte de la mort, ayant toujours conservé jusqu'au dernier soupir un désir ardent de la vie: digne fin, ajoute Plutarque, digne récompense de ses forfaits, s'étant toujours cru tout permis pour assouvir son ambition, ingratitude, perfidie, noires trahisons, cruautés sanglantes et barbares.
Juba, roi de Mauritanie, a fait trop d'honneur aux lettres et aux sciences pour être entièrement omis dans l'histoire de la famille de Masinissa, dont son père, nommé aussi Juba, était arrière-petit-fils, et petit-fils de Gulussa. Juba le père se signala dans la guerre, entre César et Pompée par son attachement inviolable au parti du dernier. Il se donna la mort après la bataille AN. M. 3959 ROM. 703. de Thapse, où ses troupes et celles de Scipion furent entièrement défaites. Juba son fils, encore enfant, fut livré au vainqueur, qui en fit un des principaux ornements de son triomphe. Il paraît qu'on prit grand soin de son éducation à Rome, où il acquit des lumières qui dans la suite l'égalèrent aux plus savants hommes qu'ait jamais eus la Grèce. Il ne quitta le séjour de cette ville que pour aller prendre possession des états de son père. Auguste les lui rendit lorsque, par la mort AN. M. 3974 ROM. 719. AV. J. C. 30. d'Antoine, il se vit le maître absolu de disposer des provinces de l'empire. Juba, par la douceur de son règne, gagna le cœur de tous ses sujets. Sensibles à ses bienfaits, ils le mirent au nombre de leurs dieux. Pausanias [Pausan. Attic. c. 17.] parle d'une statue que les Athéniens lui avaient érigée. Il était bien juste qu'une ville de tout temps consacrée aux Muses donnât des marques publiques de son estime à un roi qui tenait un rang illustre parmi les savants. Suidas [379] attribue à ce prince plusieurs ouvrages, dont aujourd'hui il ne nous reste que des fragments. Il avait écrit [380] de l'histoire d'Arabie, des antiquités d'Assyrie, des antiquités romaines, de l'histoire des théâtres, de celle de la peinture et des peintres, de la nature et des propriétés de différents animaux, de la grammaire, et d'autres matières semblables [381], dont on peut voir le dénombrement dans la petite dissertation de M. l'abbé Sevin sur la vie et sur les ouvrages de Juba le jeune, d'où j'ai tiré le peu que j'en ai dit ici.
[Note 379: ][ (retour) ] In voce Ἰόßας.
[Note 380: ][ (retour) ] Tom. IV des Mémoires de l'Académie des Belles-Lettres, p. 457.
[Note 381: ][ (retour) ] Il ne faut pas oublier ses Commentaires sur l'Afrique, tirés principalement des livres carthaginois. (AMM. MARCELL. XII, c. 15.)
Ajoutons, comme un fait important, que ce prince, s'occupant avec ardeur des progrès de la géographie, avait fait reconnaître par ses vaisseaux les îles Fortunées, actuellement les îles Canaries.--L.
FIN DU TOME PREMIER DE L'HISTOIRE ANCIENNE.