[Note 73: ][ (retour) ] Il est au contraire à peu près reconnu que les Israëlites habitèrent dans les vallées de l'Ouadi et de Sabah-Byar, vers l'isthme de Suez.--L.

Plut. de Isid. pag. 354. [cf. Procl. in Tim. p. 30.] Il y avait dans Saïs un temple dédié à Minerve, qu'on croit être la même qu'Isis, avec cette inscription: «Je suis tout ce qui a été, ce qui est, et ce qui sera; et personne n'a encore percé le voile qui me couvre.»

Strab. l. 7, pag. 805. Héliopolis, c'est-à-dire ville du soleil, fut ainsi appelée à cause d'un temple magnifique qui y était dédié au soleil. Herod. l. 2, cap. 73. Plin. l. 10, cap. 2. Tacit. Ann. lib. 6, cap. 28. Hérodote, et après lui d'autres auteurs, racontent une chose qui se passait dans ce temple, et qui serait bien merveilleuse si elle était vraie: c'est au sujet du phénix [74]. Cet oiseau, si l'on en croit les anciens, est unique dans son espèce. Il naît dans l'Arabie, et vit cinq ou six cents ans. Il est de la grandeur d'un aigle. Il a la tête ornée et brillante d'un plumage exquis, les plumes du cou dorées, les autres pourprées, la queue blanche, mêlée de plumes incarnates, des yeux étincelants comme des étoiles. Lorsque, chargé d'années, il voit sa fin approcher, il forme un nid de bois et de gommes aromatiques, après quoi il meurt. De ses os et de sa moelle il naît un ver, d'où il se forme un autre phénix. Son premier soin est de rendre à son père les honneurs de la sépulture: pour cela il compose comme une boule ou un œuf de quantité de parfums de myrrhe, du poids qu'il se sent capable de porter, et il en fait souvent l'épreuve; puis il le vide en partie, y dépose le corps de son père, et en ferme avec soin l'entrée, qu'il enduit de myrrhe et d'autres parfums. Alors il charge ses épaules de ce précieux fardeau, et va le brûler sur l'autel du soleil dans la ville d'Héliopolis.

[Note 74: ][ (retour) ] On peut voir tout ce que les anciens ont rapporté sur cet oiseau fabuleux, dans un mémoire de M. Larcher (Mémoires de l'Institut, classe d'histoire, tom. 1, pag. 166 et suiv.).--L.

Hérodote et Tacite révoquent en doute quelques circonstances de ce fait, mais semblent supposer que le fond en est vrai. Pline, au contraire, dès le commencement du récit qu'il en fait, insinue assez clairement que le tout lui paraît fabuleux; et c'est le sentiment de tous les modernes.

Cette vieille tradition, fondée sur une fausseté évidente, a pourtant établi un usage commun dans presque toutes les langues, de donner le nom de phénix à tout ce qui est singulier et rare dans son espèce: rara avis in terris, dit Juvénal [75], en parlant de la difficulté de trouver une femme accomplie en tout point. Et Sénèque en dit autant d'un homme de bien [76].

[Note 75: ][ (retour) ] Juvénal dit (Satyr. VI, 165): Rara avis in terris, nigroque simillima cycno! sorte de proverbe qui n'a point de rapport avec le Phénix.--L.

[Note 76: ][ (retour) ] «Vir bonus tam citò nec fieri potest, nec intelligi... tanquam phœnix semel anno quingentesimo nascitur.» (Epist. 42.)

Ce que l'on dit des cygnes, qu'ils ne chantent que quand ils sont près de mourir, et qu'alors ils chantent fort mélodieusement, n'est fondé de même que sur une erreur populaire [77], et cependant est employé non-seulement, Od. 3, l. 4. [ibi not. Mitscherlich.] par les poëtes, mais par les orateurs et même par les philosophes. O mutis quoque piscibus donatura cycni, si libeat, sonum, dit Horace en s'adressant à Melpomène. Cicéron compare l'admirable discours que Lib. 5, de Orat. n. 6. fit Crassus dans le sénat, peu de jours avant sa mort, à la voix mélodieuse d'un cygne mourant: Lib. 1, Tusc. Quæst. n. 73. illa tanquam cycnea fuit divini hominis vox et oratio. Et Socrate disait que les gens de bien devaient imiter les cygnes, qui, sentant, par un instinct secret et une sorte de divination, l'avantage qui se trouve dans la mort, meurent avec joie et en chantant: providentes quid in morte boni sit, cum cantu et voluptate moriuntur. J'ai cru que cette petite digression ne serait pas inutile pour les jeunes gens. Je reviens à mon sujet.

[Note 77: ][ (retour) ] Cette opinion est cependant fondée sur quelque chose de réel. Les observations des modernes, et particulièrement de M. Mongez, ont constaté que les Cygnes sauvages sont doués d'une espèce de chant; ainsi les anciens ne se sont pas trompés en leur attribuant cette faculté; ils ont erré seulement en l'attribuant à tous les cygnes sans distinction, tandis qu'elle est particulière aux cygnes sauvages. (Voyez Mongez, Dictionnaire des Antiquités, art. CYGNES, tom. 11, pag. 281.)--L.